Créé au printemps, ce rassemblement de treize intercommunalités, dont le siège est à Redon, veut peser et porter les problématiques communes. Santé, mobilités, économie… Les élus ont validé une étude expérimentale de deux ans.

« Alliance intermétropolitaine Loire-Bretagne ». Le libellé claque mais fait craindre un énième niveau administratif. À ceci près que cette fois ce sont les élus qui sont à la manœuvre.

Depuis le printemps, les présidents de treize intercommunalités portent le projet auprès des départements du Morbihan, d’Ille-et-Vilaine et de Loire-Atlantique et des régions Bretagne et Pays de la Loire. « J’ai rencontré la ministre de la cohésion des territoires, cela s’inscrit dans la COP 21 », insiste Jean-François Mary, président de cette alliance.

Les treize présidents de communautés de communes autour de Redon, ainsi que les trois députés (LREM) Gaël Le Bohec, Paul Molac et Yves Daniel, lors d’une rencontre l’année dernière avec le député LREM Jean-François Cesarini, jeudi, auteur d’un rapport sur la décentralisation en faveur du développement des territoires.

« Être visible au niveau national »

« L’objectif est d’être visible au niveau national pour pouvoir aller défendre auprès du ministère un certain nombre d’actions et de politique publiques (projets, équipement, infrastructure) pour cet espace », explique Jean-François Mary, président de cette alliance. Bon nombre d’élus ne cachent pas la volonté de faire du lobbying pour se faire entendre davantage.

Cette nouvelle entité pèse quelque 482 000 habitants avec des problématiques souvent communes. « Nous sommes sur un territoire de villes moyennes et de commune de tailles modestes situé entre nos métropoles que sont Nantes et Rennes en particulier mais aussi entre Saint-Nazaire et Vannes », décrit Jean-François Mary.

Hôpitaux, hydrogène, télétravail, métallurgie…

Sur quoi pourraient converger les initiatives ? « Il y a la problématique des centres hospitaliers que l’on partage avec Châteaubriant, Ancenis ou Ploërmel. Il y a aussi la question du télétravail. C’est un sujet essentiel qui est devant nous. »

Sur le volet économique, si Redon agglomération a un coup d’avance sur l’hydrogène avec H2X, l’initiative pourrait être partagée avec d’autres collectivités. Autre préoccupation, l’industrie. « Redon, Ploërmel et Ancenis vont pouvoir se parler notamment sur le secteur de la fonderie, par exemple. »

Une étude à 15 centimes par habitant

Concernant le financement, les intercommunalités s’acquittent de 27 % du budget de cette étude expérimentale, soit 72 181 € ( 10 280 € pour Redon agglomération). Elle va durer jusqu’en 2022. Chaque habitant verse ainsi 15 centimes pour contribuer à peser. D’autres financeurs publics abondent.

« Cette étude vise à avoir un projet de territoire et à enclencher au niveau national un certain nombre d’investissements. En 2022, ce sera la mise œuvres pour dix ans, avec aussi intervention au niveau européen. »

Au sein du conseil communautaire, le sujet semble faire consensus. « C’est un projet formidable ce sera une des choses les meilleures qu’aura pu faire Redon agglomération durant ce mandat, lance Émile Granville, élu redonnais. Je félicite le président, puisqu’on a le sentiment que ça tourne autour de Redon qui est le centre amené à jouer un rôle important. »

Mais, car il y a forcément un mais à cet éloge, « il faudrait peut-être impliquer un peu plus les élus communautaires et la population car cela semble concerner que les présidents exécutifs. Il faut que les journées d’études soient plus ouvertes aux maires pour ne pas arriver à quelque chose de technique. »

« Dans cette démarche, même si nous sommes au centre, c’est une organisation polycentrique, l’objectif n’est pas de tirer la couverture à nous, mais de travailler en réseau ensemble. Si l’on prend un autre parti pris, c’est mal engagé », répond Jean-François Mary.

Concernant la concertation, le président de Redon agglomération, explique « partager cette préoccupation » et précise : « Pour cette alliance, il a fallu rencontrer les présidents de région et de département, les ministères. Naturellement, dès que l’étude sera mise en place il y aura des formats où nous aurons besoin d’élus communautaires dans la réflexion. Nous devons avoir une démarche de travail collectif pour irriguer et rayonner. »

La structure est créée, les partenariats noués, reste à s’entendre et à se faire entendre pour défendre les territoires périphériques.

Lire l’article r le site du journal Oust-France : https://www.ouest-france.fr/bretagne/redon-35600/l-alliance-intermetropolitaine-quoi-ca-sert-6625292?token=b89463c8-bcbf-4944-8cfd-1ef96f7406af